La crise de 2022 a vu la prise de conscience du poids de l’énergie dans le dynamisme économique de nos territoires. Alors que le contexte est de nouveau instable, avec des prix de l’énergie à la hausse, comment les entreprises de l’Hérault réagissent-elles ?
Sur un marché de l’énergie qui a connu de fortes variations tarifaires, où se succèdent les évolutions réglementaires et où les fournisseurs se sont multipliés, pas facile de se repérer.
Regards croisés, avec Thierry Marc, Directeur Général du MEDEF Hérault Montpellier, et Gaël Joly, Directeur Général de Mint Énergie.
T.M. : Le principal ennemi des dirigeants d’entreprise est l’incertitude, et à ce titre, les variations des prix de l’énergie préoccupent nos dirigeants. Toutefois, cela reste un sujet minoritaire dans les appels que je reçois, en clair ce n’est pas dans leur “top priorité”. J’en déduis que ces entreprises sont plus mûres qu’en 2022, mieux préparées à une crise énergétique. Plus généralement, elles ont désormais bien conscience des enjeux de la transition énergétique : baisser les coûts, sécuriser les approvisionnements, répondre aux exigences réglementaires, aux
attentes de leurs clients. Ce dans tous les secteurs : agroalimentaire, logistique, tourisme, etc.
G.J. : Oui, le marché est globalement plus mûr, notamment parce qu’il a été pas mal “travaillé” – et donc éduqué- par les différents fournisseurs et courtiers en 2025. Conséquence : pas mal d’entreprises se sont engagées relativement récemment sur des durées plus longues, ce qui explique sans doute un certain attentisme aujourd’hui de leur part, puisqu’elles se sentent “à l’abri” derrière l’échéance lointaine de leurs contrats. Mais nous recevons néanmoins des demandes d’ouverture pour 2030 et 2031, preuve de cette reprise de conscience de la volatilité des coûts de l’électricité.
T.M. : Dans cette prise de conscience, on peut aussi souligner et saluer le rôle de différentes structures d’accompagnement des entreprises de l’Hérault : outre le MEDEF, la CCI, l’ADEME, la Région Occitanie (qui ambitionne d’être à énergie positive en 2050) agissent en ce sens, par exemple en incitant les PME à faire des audits énergétiques. La prise de conscience est là, ce qu’il faut maintenant susciter, c’est le passage à l’acte…
“Les entreprises ont désormais bien conscience des enjeux de la transition énergétique.”
Thierry Marc, Directeur Général du MEDEF Hérault Montpellier
G.J. : En la matière, on mentionne toujours -et à juste titre- l’adaptation de ses process, l’électrification, l’autoconsommation, etc. Mais cela demande d’entamer des travaux, et requiert donc de la visibilité sur plusieurs années, ce qui n’est plus si évident aujourd’hui pour les entreprises. Il n’est donc pas inutile de commencer par rappeler quelques « quick wins » de bon sens, comme couper l’électricité quand on n’en a pas besoin, ou choisir le contrat vraiment adapté à son activité. Ce point est particulièrement clé : le fournisseur doit aller plus loin que les questions basiques et proposer mieux qu’une réponse standard de coûts fixes, pour adapter son offre à la courbe de consommation de l’entreprise.
Par exemple, nous avons proposé à un acteur des bornes de recharge un modèle à prix variable, à contre-courant du “totem” du prix fixe… mais qui lui permet de réaliser de 60 à 80% d’économies ! Tandis que pour un grand imprimeur qui doit sécuriser une partie de ses achats d’énergie, nous avons mis en place un système de prix semi dynamiques, avec à la clé une réduction des dépenses de 25%… La recette du succès est la même dans ces deux cas : un contrat parfaitement adapté aux données de consommation. C’est vraiment le premier impératif !
T.M. : Comme partout en France, la période n’est pas facile pour nos acteurs économiques. Mais nous avons de bonnes raisons d’être optimistes. Même si la situation est variable d’une entreprise à l’autre, avec des moyens et des niveaux de maturité qui peuvent être très différents, nous voyons les entreprises avancer sur le chemin de la décarbonation et de la résilience, notamment dans le cadre de notre accompagnement.
G.J. : Oui, je partage cet optimisme.
D’abord en notant une certaine stabilité à long terme du marché de l’électricité. Les énergies renouvelables se sont considérablement développées, le parc nucléaire a retrouvé sa puissance : l’offre est abondante, particulièrement dans un contexte de croissance atone et d’électrification timide. C’est la tendance de fond, dans un marché qui reste néanmoins très volatil à court terme, à la merci d’un aléa météo comme d’un tweet de Trump…
Ensuite, en inscrivant notre rôle en complémentarité d’acteurs comme le MEDEF ou les CCI. Comme le dit Thierry, la maturité sur ces sujets d’énergie est très inégale, particulièrement entre grandes entreprises bien staffées en Energy Managers et petits acteurs. Il faut remarquer que nous sommes l’une des régions avec le plus de PME-TPE : toutes ces entreprises ont besoin d’un” one stop shop” pour leur électricité, d’un Energy Manager “as a service” qui les accompagne et les guide sur cette partie contractuelle. C’est notre conception du métier, chez Mint, fournisseur de proximité. L’accessibilité fait partie de notre ADN depuis toujours.
“Nous sommes l’une des régions avec le plus de PME-TPE : toutes ces entreprises ont besoin d’un Energy Manager “as a service”.”
Gaël Joly, Directeur Général de Mint Énergie
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