Faut-il s’attendre avec la crise au Moyen Orient à ce que les prix de l’électricité s’envolent et suivent ceux du gaz et de l’essence ? Pas forcément, même si c’est l’occasion, pour les professionnels, de repenser leur modèle de consommation d’électricité. Regard croisé de Gaël Joly, Directeur Général chez Mint Énergie, et de Nicolas Vermogen, Directeur Energy Management.
N.V. : C’est une question qui trotte dans la tête de pas mal de chefs d’entreprise en ce moment, et ce pour 2 raisons. D’une part, l’augmentation brutale des prix de l’électricité en 2022 et son impact négatif sur l’activité économique sont encore dans toutes les mémoires. D’autre part, il est vrai que le prix de l’électricité est mécaniquement corrélé au prix du gaz, avec le principe du Merit Order qui voit le prix de l’électricité fixé par le coût de production de la dernière centrale appelée pour répondre à la demande à un instant T.
Toutefois, la situation est très différente de 2022. Le choc de prix à ce moment-là avait résulté de la combinaison de 2 facteurs : la baisse de la production nucléaire française liée à des problèmes de corrosion, avec un certain nombre de centrales à l’arrêt, et bien sûr la crise ukrainienne.
Aujourd’hui, la situation est très différente : le parc nucléaire français affiche des niveaux élevés de disponibilité et les stocks hydriques sont très satisfaisants dans un contexte où les productions éoliennes et solaires progressent avec l’ajout de nouvelles capacités. En face de cette production abondante, la consommation reste contenue notamment dans l’industrie où l’électrification des usages tarde à se concrétiser. Bref, avec une production à un bon niveau et une consommation plutôt atone, on est loin du scénario de tension sur l’offre qu’on a pu connaître en 2022…
N.V. : Concrètement, depuis le début du conflit en Iran, on observe en cette fin avril que le prix du gaz a augmenté de 35% environ, quand l’électricité de son côté a augmenté de 15%. On mesure donc que les prix du gaz et de l’électricité ne sont pas entièrement corrélés, même s’il est difficile d’établir des règles en la matière et que la situation peut vité évoluer !
G.J. : En lien avec cette évolution des prix, ce qu’il importe d’observer est l’évolution des comportements. Globalement, depuis fin 2025, les entreprises sont en position d’attente, du fait de prix bas dont elles voulaient profiter. Nous avons observé sur cette période une certaine décrue des demandes de cotation, de la part d’acteurs professionnels attentistes, qui tendent à reculer leur décision d’achat. Avec la crise en Iran, les comportements se sont dans l’ensemble encore plus figés, avec néanmoins certains clients, parmi ceux qui ont le plus besoin de visibilité, qui commencent à réagir : même s’ils ont contractualisé des tarifs fixes jusqu’à 2028, nous recevons des demandes pour sécuriser jusqu’à 2029, voire jusqu’à 2031, et nous sommes en train d’y répondre.
N.V. : Non. Les petits clients ont encore intérêt à signer à des prix fixes, car les tarifs restent bas. Pour les plus gros clients, les achats par morceaux (offres A, B, C ou dynamiques) restent intéressants pour la même raison et offrent un bon compromis entre sécurité et exploitation de niveaux de prix bas. Et nous continuons de proposer à certains clients gros consommateurs d’énergie des modèles bloc + spot, qui permettent de saisir les opportunités de marché en déclenchant les achats quand le tarif de l’électricité est au plus bas, mais qui demandent un pilotage très actif. Donc pas de panique : les contrats restent bien compétitifs.
“Il est encore temps de saisir des opportunités, les contrats restent bien compétitifs.”
Nicolas Vermogen, Directeur Energy Management chez Mint Énergie
N.V. : C’est plutôt du côté de l’optimisation de la consommation que les entreprises ont de grosses marges de progrès. Avec l’augmentation de la part du solaire dans la production d’électricité, les courbes de prix varient beaucoup en journée, et les prix baissent pendant les heures d’ensoleillement. L’impact de la pénétration du solaire sur la formation des prix se traduit même à certains moments par des prix négatifs : si je prends pour exemple le dimanche 26 avril de 14h à 14h15, le prix est alors de -478.8 €/MWh ! L’objectif est d’essayer, dans la mesure du possible, de décaler sa consommation pendant ces moments de faible prix. Tout l’enjeu, aujourd’hui, des entreprises en matière d’électricité est d’effacer ses “poches” de consommation sur les périodes où cela coûte le plus cher.
G.J. : Selon moi, cette conjoncture va plus loin que la problématique du contrat. Elle repose l’enjeu de l’électrification, en nous rappelant, à travers cette dépendance au gaz et pétrole, que s’électrifier, c’est s’émanciper ! C’est mettre son activité à l’abri, dans le contexte géopolitique inflationniste et complexe que nous connaissons tous, et développer sa résilience en s’appuyant sur les atouts français et en tirant parti d’énergies renouvelables dont la part va croissante.
“S'électrifier, c'est s'émanciper et développer sa résilience en s'appuyant sur les atouts français.”
Gaël Joly, Directeur Général de Mint Énergie
G.J. : exactement ! Et pour cela, les entreprises ont besoin plus que jamais d’être accompagnées. D’abord parce que le prix va tendanciellement augmenter et la volatilité continuer. Ensuite parce que les clients ont besoin de comprendre quelles sont les sources d’électrification dans leur process, et à quel moment de la journée il convient de déplacer sa consommation pour optimiser son prix de fourniture.
Les entreprises ont des leviers pour s’adapter aux incertitudes, encore doivent-elles s’en saisir. C’est tout notre rôle de conseil, chez Mint Énergie. Nous les aidons à tirer parti des évolutions des prix sur le moyen terme, sur le court terme avec la courbe solaire que décrivait Nicolas. L’analyse très fine que nous menons de la courbe de consommation de chacun de nos clients nous permet de leur proposer les scenarii d’optimisation les plus adaptés à chacun, parmi une palette de leviers, comme l’optimisation de puissance, l’effacement, la flexibilité, etc. Nous les aidons aussi à développer leur propre sécurité, avec des projets d’autoconsommation. L’électricité est devenue stratégique, et plutôt qu’un contrat, les entreprises ont besoin de leur contrat : adapté, transparent, évolutif. Et nous sommes là pour ça.
Les équipes Mint Énergie Pro vous accompagnent dans votre changement de fourniture, sans interruption et sans mauvaise surprise.
Notre équipe est disponible pour répondre à toutes vos questions. Nous sommes joignables par téléphone ou mail, du lundi au vendredi.